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Les jeux qu'ils sont ratés (et c'est dommage)
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nemO
Grand Maître Taar
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Les jeux qu'ils sont ratés (et c'est dommage) Répondre en citant
Laissez-moi vous présenter un exemple qui inaugure très bien cette rubrique : La machine à voyager dans le temps. Réalisé par feu Cryo en 2000, ce jeu fut à l'époque des plus frustrants pour moi. En effet, Timequake (le nom de l'éxecutable) est un ratage, et c'est bien dommage. Pour mémoire, Cryo devait être l'un des plus brillants studios français du jeu vidéo en son temps, avec un démarrage très fort par le fabuleux Dune, sorte de mix entre stratégie en temps réel, gestion et aventure sur le monde de Frank Herbert. C'était d'ailleurs l'un des premiers jeux sur CD-ROM, comme Timequake l'un des premiers sur DVD. Puis vint le fameux Atlantis, célèbre pour son moteur révolutionnaire, l'Omnispace, qui en faisait le premier Myst-like à 360°. Nous étions en 1997 et Cryo entamait alors une inexorable descente qui conduisit à sa fermeture complète en 2002. Timequake est donc l'un des nombreux ratés, mais pas le plus déshonorant. Explication après quelques artworks pompés dans les crédits, qui ont dûs être scannés à la photocopieuse un soir de cuite, je vois que ça.
























Comme vous le constatez, outre nous dévoiler les noms de quelques-uns des coupables de cette affaire, ces dessins montrent le travail créatif plutôt intéressant effectué sur ce jeu, travail qui n'est pas sans rappeler un certain TNS non? Quoiqu'il en soit, petit pitch pour situer le contexte : vous jouez le rôle de H. G. Wells, le fameux écrivain de SF, ici dans la peau de l'inventeur de la machine. Je ne sais plus si c'était le cas dans le roman, ça remonte (humour!). Bref, après une intro passable, sans plus, nous voici dans la Londres de l'an 800 000. Et là vous me dites : "Mais non, c'est Marrakech." Certes, ç'a un peu changé. Après disparition brutale de la machine dans un éclair bleuté, tout ce qui nous reste à la place est un nautile de cristal apparu on ne sait comment. Un peu largué, nous explorons donc la cité qui s'offre à nos yeux ébahis de touriste temporel. Vous le voyez, c'est assez joli (les musiques sont très sympa), et en même temps le défaut principal du jeu nous saute à la figure : ses graphismes!
A cela deux explications selon moi : d'abord l'utilisation du "nouveau" moteur 3D Cryogen, pas franchement un foudre de guerre, couplé avec le vieillissant Omnispace (d'où ce flou ignoble). Résultat : un mélange peu convaincant entre des décors en 2D précalculée et des persos taillés à la hachette, qui plus est dans une 3D temps réel minable. En effet, même en 2000, des persos et objets sans ombre propre, c'était juste inadmissible. L'année où sortait le GeForce de nVidia et ses effets novateurs, ça faisait un peu mal aux fesses cette histoire! Ma conviction est que ce jeu a en fait été développé pour Playstation (la première hein), PUIS porté sur PC (1,8 giga de données) pour arrondir l'année fiscale. Mauvais calcul si j'en juge par les notes médiocres dans la presse. Dark Earth, par le tout aussi français Kalisto, utilisait les mêmes graphismes, mais trois ans plus tôt! Bad move, donc. Ceci dit, la petite ville est sympa, genre médina égyptienne aux influences ethniques diverses. On notera les références à Diablo ou L'armée des douze singes.























Passons au jeu proprement dit. Le début est assez intrigant. Les habitants, pas très bavards, semblent soumis à un régime dur de type théocratique. En visitant l'un des bâtiments remarquables du lieu, le temple, vous apprenez que la divinité unique se nomme Khronos, et qu'elle règne sur le temps. Coïncidence? Outre le prêtre, une statue du dieu et une étrange plaque, vous notez la présence d'une curieuse sphère de cuivre qui ressemble beaucoup aux appareils de votre laboratoire. Curiosité d'aventurier oblige, vous y pénétrez, et surprise! L'intérieur s'avère être une immense grotte pleine de cristaux lumineux. Waou, quelque part. Non loin de l'entrée, une étrange créature (un spectre temporel nommé Lémure) vous accueille à grands coups de "maître" respecteux. De plus il vous explique que, sur ce monde, la magie est d'origine chronomantique, donc basée sur la maîtrise du temps. Plusieurs cristaux flottants récèlent des sorts, qui viennent s'ajouter à votre fiche de perso. Un coup d'oeil au pseudo-dock style OSX nous le confirme. Par exemple, le sort illustré vous déphase d'une fraction infinitésimale du continuum, juste assez pour vous rendre invisible aux êtres vivants. Enfin je suppose.
Après une explication vague sur le Jad garrül (mana chronal), vous voici reparti vers l'aventure. Autant être direct : la cité du sablier, puisque c'est son nom, est loin d'être passionnante. Peu de choses à voir, des habitants souvent désagréables qui n'ont jamais le temps (elle est bien bonne), et des mini-quêtes assez lourdingues : trouver un remède pour le mal de dos, retrouver une poupée, inventer une recette de thé local, réparer un lave-vaisselle, capturer des fouissables (sorte de rat-castor sautillant), bref pas de quoi sauter au plafond. Heureusement, un événement curieux vient rompre l'ennui : la vague temporelle. Sur la place de l'hôtel de ville, un énorme sablier résonne d'un grand bruit de gong pour prévenir les locaux de l'arrivée imminente d'un tsunami temporel. Le phénomène, sous la forme d'une onde bleutée rapide, transforme tout le monde, sauf les prêtres. Chacun change d'une génération : les enfants deviennent des adultes, et les adultes des vieillards. Ou l'inverse, selon la marée. Vous allez me demander : mais les vieillards qui vieillissent, ou les gamins qui rajeunissent? Eh bien je ne sais pas! J'imagine qu'ils effectuent une "boucle". D'ailleurs, on ne meurt pas sur ce monde, on est désaccordé. Votre corps disparaît dans un éclair bleu, et vous vous réapparaissez dans le désert, égaré et sans souvenirs. Seule une eau bénite peut vous rendre votre histoire.























L'histoire, justement, parlons-en. Elle est beaucoup plus intéressante que le gameplay, je vous rassure. Attention, pour les hardcores qui voudraient essayer le jeu (run, you fools!), ça spoile un peu à partir d'ici. En désaccordant des gardes pour "emprunter" un mothripode, sorte de croisement entre un kangourou et un cheval mais avec trois pattes, vous vous rendez vers un lieu mystérieux : le monastère shékandar. En plein désert, vous laissez votre monture près d'un immense puits sans fond, en fait une mine de sel-gemme noir, au dessus et au milieu duquel est suspendu le curieux édifice métallique. Après avoir passé un labyrinthe en forme de nautile fait de téléporteurs et occis le garde de service, vous voici dans la place. Surprise, le lieu est bourré de technologie! Voilà qui explique les quelques machines aperçues en ville et qui détonaient dans cette ambiance médiévale. Après un petit tour du propriétaire, vous tombez sur des machines bizarres, qui semblent être faites de plusieurs technologies différentes, et qui délivrent des informations sur le monde de Khronos. Notez l'hologramme en forme de cratère météoritique. Ou de vague. Puis le grand chef, pas trop le genre fêtard, vous tombe dessus et vous prenez congé rapidement après un petit tour chez le Lémure du coin. Paf! Seconde vague temporelle.













D'enfant, nous passons directement aux cheveux blancs. Remontant sur notre mothripode, vous repartez vers la cité du sablier, avec plus de questions que de réponses quand au pourquoi du comment, et dans quelle étagère. Là, il vous faudra rencontrer un certain Vel Subek, moine un peu rebelle à son ordre, qui préfère rester au contact de la population plutôt que dans une tour d'ivoire. Le bonhomme est un peu le Léonard de Vinci du coin, et c'est lui qui entretient en fait toute la techno, qui tomberait en ruine sinon, y compris au monastère. Vous apprenez qu'il existe un groupe de rebelles (ça rappelle un autre jeu non?) qui lutte contre le Hiérarque (le maire), le Tétradon (l'abbé) et leurs méthodes iniques (sa race). Bref, pas besoin de vous raconter tout le jeu, vous aurez deviné la suite : vous obtenez des artefacts chronomantiques balaises, vous rejoignez les rebelles dans leur camp du désert, puis, avec la belle guerrière Ashamira, vous prenez la route vers le sanctuaire de Khronos pour obtenir des réponses au problème du pouvoir d'achat dans l'avenir. En fait Timequake est similaire à TNS sur de nombreux aspects. Il emprunte également à Ocarina of time, à Atlantis aussi, évidemment.







J'aurais aimé vous montrer des captures plus variées, mais je suis à nouveau coincé dans le jeu (j'avais des codes quelque part, mais j'ai oublié où). Pourquoi suis-je coincé? Eh bien à cause du second gros défaut du jeu : il est bugué! Entre les erreurs de détection de collision, qui collent parfois des passants dans un palmier, ou des caisses que vous devez déplacer qui se chevauchent bestialement, c'est déjà pas évident, mais là c'est juste impossible : je dois tourner des volants de pression sur des machines, et ils refusent de tourner. Les fourbes. J'ai également cherché dans les commandes la touche "taloche à morveux" pour me débarrasser du gamin qui vous suit tout le temps en vous demandant de jouer au nautile de pluie avec lui (aux billes en fait). Pas trouvé. Je suis donc coincé dans la ville. Je me souviens toutefois avoir jeté un oeil aux autres décors, et l'un d'eux était une plage de la mer de l'éternité, figée dans le temps. Pratique pour éviter d'animer les vagues, héhéhé. J'ai ma petite idée sur l'identité de Khronos, c'est pour ça que j'aurais bien aimé terminer ce jeu. Imaginez-le avec un moteur et une finition digne de TNS : dommage non?
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Message 23 Juin 2009, 23:59:12
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