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The Nomad Soul
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Histoire
Etant donné son implication dans le projet Omikron (La musique, un rôle...), ça paraissait plutôt difficile de ne pas lui consacrer une rubrique. Je remercie E-Boz pour son enorme participation (C'est lui qui a tout rédigé LOL) !

BIOGRAPHIE

« Voyons les choses en face, tout le monde est un peu David Bowie de nos jours. »
Stephen Dalton, 1997

David Bowie est un cas unique dans l’histoire de la musique, mélangeant les arts, passant d’une personnalité à une autre, prenant ainsi un maximum de distance avec lui-même pour mieux se trouver, il multipliera alors les expériences artistiques autant que d’étranges personnages dont la troublante asymétrie des pupilles de ses yeux deviendront l’unique élément récurent d’un artiste aux multiples visages.

Tour à tour Ziggy Stardust, Aladin Sane, Le Thin White Duc, the Lodger, Auguste et Clown blanc, Nathan Adler, et bien d’autres sans noms, David Bowie ne refuse aucunes voies artistiques, aucune expression, explorant la pensée humaine, de l’extrême droite à l’extrême gauche en passant par la folie de l’art Outside et succombant même à des abus de drogues, dont il se relèvera difficilement mais comme toujours, avec son art.

David Bowie, auteur – chanteur – mime – acteur – peintre – sculpteur – interprète n’est-il pas lui-même le personnage inventé par David Robert Jones, citoyen britannique né un 8 Janvier 1947 ?

Amenant le théâtre dans la musique, David Bowie crée, pour le meilleur et pour le pire, l’artiste moderne.

Inspiré de Jimmy Hendrix, l’extra-terrestre maquillé, androgyne, provocateur et cultivé Ziggy Stardust ouvre la voie à de nombreux artistes, tel Robert Smith, de The Cure qui dira plus tard que « Le déclic est venu en voyant ce type maquillé à la TV ».

Lequel deviendra un des groupes les plus influents de sa génération, ouvrant la voie au groupe Placebo, à Marilyn Manson...

La brèche Bowie s’ouvre et devient un sentier où tous se reconnaissent, élargissant le chemin et le menant toujours plus loin, avec leur propre art.

Mais la comète Bowie n’inspire pas que les musiciens, et si certains cinéastes font appels à lui (Furyo, L’homme qui venait d’ailleurs pour les meilleurs films), d’autres se sentent attirés par son art…

C’est ainsi que David Cage, prolifique PDG de la toute nouvelle société de jeu vidéo Quantic Dream songe à certaines œuvres de notre homme pour imaginer sa nouvelle vision du jeu vidéo : Omikron, rebaptisé The Nomad Soul à la suite de problèmes de copyright sur le nom. (Omikron étant une marque déjà déposée par une fabrique de pneumatique.)

Qu’importe la fiole, pourvu qu’on ait l’ivresse !
L’équipe de Quantic Dream rédige donc une demande à David Bowie, dont les derniers albums remontent à 1995 pour 1.Outside et 1997 pour Earthling : l’autorisation d’utiliser quelques une de ses œuvres pour parfaire la leur.

Mais David Bowie voit là une nouvelle voie créative, une nouvelle chance pour lui de s’exprimer, d’explorer un art neuf et qu’il juge en manque cruel d’émotions (nous sommes alors aux environs de 1998) : le jeu vidéo.

C’est donc pour la première fois dans l’histoire du jeu vidéo qu’un artiste s’encanaille à cet art moderne mais décrié, avec une véritable bande originale chantée par un musicien connu et reconnu.

Encore une fois, une nouvelle brèche s’ouvre.

LES HEURES D’OMIKRON

« J’aime la profondeur de la ville : le simple fait de s’y balader, de rentrer dans des magasins, de prendre le Slider est fascinant au point qu’on est même pas obliger de jouer au jeu pour y trouver de l’intérêt. »
David Bowie

« Hours… » est également le premier album téléchargeable légalement sur internet via le site de l’artiste. Si l’expérience ne fut pas très concluante, il faut souligner cet effort et cet exemple d’incroyable modernité par un homme d’alors 52 ans.

David Bowie cherche toujours « une nouvelle façon d’aborder toujours le même thème », et si David Cage et son équipe souhaitaient sans aucun doute une collaboration dans la sauvage lignée de Outside et de Earthling, Bowie préfère s’intéresser à ce qu’il considère comme étant la lacune du jeu vidéo en tant qu’art : l’émotion ressentie par les personnages.

Force est de reconnaître que si la situation s’est considérablement améliorée depuis lors, notamment grâce au « cinéma d’Hidéo Kojima » (le Times le considérera comme l’un des hommes les plus importants à venir) et son Metal Gear Solid en 1998, la situation à l’époque était très mécanique, malgré la bonhomie de Mario, la poésie de Zelda ou la poitrine de Lara Croft, le fait est que le jeu vidéo dans son écrasante majorité délaisse les sentiments de ses protagonistes.

« J’ai voulu écrire un sous titre aux émotions des personnages » dira David Bowie à une conférence de presse à propos de son travail sur The Nomad Soul.

L’album devait s’appeler « the Dreamers », mais le talentueux comparse d’alors de Bowie, Reeves Gabrels, fit la remarque que ce titre lui faisait penser à un album de Mariah Carey ou de Céline Dion.

On comprend dès lors que le titre fut rapidement remplacé.

L’album étant une compilation de morceaux indépendants, comme autant de courtes histoires, de petits destins, on supposera que le titre « Hours… » provient de l’écrivain Virgina Woolf :

« Le temps manque pour mes projets. J’aurais pourtant beaucoup à dire au sujet des Heures, et de ma découverte : comment je creuse de belles grottes derrière mes personnages. »

D’autant plus que c’est précisément à cette époque que sort le roman de Michael Cunningham « The Hours », livre sur Virgina Woolf adapté à l’écran par la suite.

« David m’a demandé d’écrire avec lui quelques chansons pour Omikron. Après qu’on ait rencontré l’équipe d’Eidos, j’ai suggéré qu’on fasse toute la musique. Cela me semblait normal, parce que j’avais déjà fait pas mal de bandes originales pour la télé et pour le cinéma (American Chronicles de David Lynch entre autres). Finalement, on a écrit huit chansons pour le jeu et puis j’ai écris deux ou trois heures de thèmes instrumentaux. » raconte Reeves Gabrels, précisant que « les personnages que nous incarnions dans le jeux sont des chanteurs engagés, et on devait changer notre style en conséquence. »

David Buckley, dans sa biographie de Bowie, parle de cette période :
« A la première écoute, Hours… est inquiétant. […] Le rythme est régulier, et dégage une impression de lassitude, de dégoût envers la vie, comme si Bowie était vidé après la passion de Earthling. »

Précisons que si le disque d’origine ne contient pas tout les morceaux, tel 1917, (« sorte de mise à jour psychotique du riff de Kashmir de Led Zeppelin, et sans aucun doute l’un des meilleurs titres de Bowie des années 90, mais il ne sorti qu’en face B à cause de son non-conformisme. » D.Buckley) ou encore We Go To Town, No One Call, We All Go Throught, la récente réédition 2CD les rassemblent tous, en plus de versions inédites des titres réguliers de l’album :

« Survive est sans doute mon morceau préféré. Pour moi, il est très épique, style fin des années 60, à la foi dans la composition et dans la façon dont la production s’amplifie et atteint son apogée » (Mark Plati)

« Something in the air est sans doute une des meilleurs chansons de Bowie. C’est le récit émouvant d’un amour devenu amer:
Lived with the best times
Left with the worst
Danced with you too long
Nothing left to save
J’ai vécu les meilleurs moments
Il le reste les pires
J’ai dansé avec toi trop longtemps
Il ne me reste plus rien à sauver. »

Ecrit David Buckley, qui poursuit :

« La ballade mélancolique Thursday’s Child est une des chansons les moins originales de Bowie, mais elle est entraînante et transformée par la poésie des paroles. C’est la chanson – clef de l’album. Bowie affirme qu’elle n’est pas autobiographique, mais biographique, traitant de regrets laissées par des occasions manquées, chantée par un homme d’âge mûr qui, au soir de sa vie, trouve son nouvel amour. Le titre de la chanson est une référence subtile et obscure à une biographie de Eartha Kitt qui remonte aux années 60.

Le clip, réalisé par Walter Stern (à qui l’on doit le célèbre clip du fœtus pour Teardrop de Massive Attack) représentait un changement radical pour Bowie. Il y apparaît dans toute la splendeur de ses 52 ans, sans maquillage, ni embellissement physique, se regardant dans la glace de sa salle de bains, avec sa femme à ses cotés en train de se démaquiller. C’est une scène de la vie ordinaire, jusqu’au moment ou Bowie se met à souffrir d’hallucinations, et vois dans la glace une version plus jeune de lui-même, avec qui il exécute une version 1990 de la célèbre scène des Marx Brothers dans la soupe au canard, où Harpo et Groucho imitent leurs gestes réciproques à travers une glace imaginaire. Le jeune Bowie paraît douloureusement artificiel, rappelant une poupée de cire de Madame Tussaud.

[…] Le Bowie d’âge mûr voit aussi un ancien amour qui se moque effrontément de son ex-amant ridé avant que les deux s’embrassent et que cesse l’illusion. Le clip est délibérément narcissique, mais n’en reste pas moins troublant et extrêmement original. Il est rare, voire inédit, qu’une rock star de l’âge de Bowie se soit confrontée ainsi au processus du vieillissement, et la chanson et le clip sont sincèrement touchants. »

The Pretty Things are going to hell fut l’une des premières chanson a être enregistrée, et fait clin d’oeil à Ho! You Pretty Things, une chanson de Bowie des années 70.

What’s Really Happening fut écrite par un fan, Alex Grant. C’est en effet suite à un concours de la part de Bowie, qui publia sur son site la musique, et demanda à quiconque voulant tenter sa chance, de lui envoyer un texte pour venir en studio enregistrer la chanson avec lui, que pour la première fois, un morceau écrit en duo entre un artiste et un de ses fan a été produite.

Seven est la chanson la plus triste, ou Bowie parle sans aucun doute de lui-même, de ses regrets envers son frère et son père, décédés, et de sa mère, avec qui il a toujours entretenu des rapports un peu difficiles.
« I forgot what my brother said
I forgot what he said…
J’ai oublié ce que mon frère disait
J’ai oublié ce qu’il disait… »

C’est de toute sa substance, de toute ses émotions et de toute son imaginations ainsi que de ses nouvelles trouvailles artistiques, que Bowie nourri son personnage rebelle d’Omikron, créé par David Cage, Loïc Normand et l’équipe de Quantic Dream.

Car, pour la première fois, Bowie ne se cache pas derrière un de ses personnages pour lui donner vie.

Depuis ses heures-là, David Bowie n’a plus recours au masque d’un personnage pour se livrer dans son art.

A moins qu’il ne s’agisse là de son meilleur masque que de faire croire qu’il n’en n’a pas.

Citations de « David Bowie : Une étrange fascination » de David Buckley, « David Bowie » par Jérôme Soligny, le documentaire vidéo « docteur David et Mister Bowie », « Les heures » de Michael Cunningham et des différents propos de Bowie, dont la conférence de presse téléchargeable sur ce site.